samedi 8 novembre 2014

The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring (Peter Jackson - 2001)

L'adaptation cinématographique d'un livre est toujours une grande épreuve, le plus souvent ponctuée par un échec. Ainsi le merveilleux Dune de Frank Herbert piètrement porté à l'écran par David Lynch. Ici, l'épreuve était d'autant plus grande, qu'il s'agissait d'un monument de la littérature fantastique mondiale, à savoir le Seigneur des anneaux. Son auteur, Tolkien, philologue de profession, avait réussi à créer un univers consistent, cohérent avec des langues, des races, des histoires, etc. L'adaptation est une parfaite réussite. Réussite d'autant plus grande, qu'elle est adaptation et non mise en image. C'est à dire que Jackson a pris des libertés avec Tolkien. Les puristes n'ont pas apprécié, mais ils peuvent toujours faire mieux... j'attends avec impatience de voir le résultat. Ce qui est intéressant avec cette distanciation d'avec l'oeuvre, est que plus Jackson est libre, meilleur est son film. Le premier des trois est le plus proche du livre, et le moins bon. C'est pourtant un film monumental, une incontestable réussite... c'est vous dire le niveau des deux autres !

Passons sans plus tarder à la théologie. Tolkien était un catholique convaincu, qui d'après ce que l'on sait a participé de ce renouveau catholique britannique dans l'orbite du cardinal Newman. Il était très très pratiquant et communiait très régulièrement. Grand ami de l'auteur du monde de Narnia, CS Lewis, il a partagé l'ambition de celui-ci : livrer une oeuvre chrétienne qui puisse être à la fois un divertissement et un message théologique de grande portée. Il a réussi les deux, mais je vais me concentrer exclusivement sur le deuxième point.

Ce premier opus de la trilogie met en scène la découverte de l'anneau de pouvoir et du choix de le détruire. Ici, l'on voit une vision très chrétienne : on ne peut pas utiliser l'arme du mal contre le mal. Le mal ne peut que faire le mal et ne peut jamais faire le bien. Ici Tolkien prend à contre-pied une certaine culture anglo-saxonne moderne avec les vampires amicaux, les morts vivants cools, et les sorcières sympathiques. Tolkien, à l'unisson de la Bible dit non : le mal n'est que le mal, il doit être détruit. Le film montre bien la tentation que représente l'utilisation du mal au profit du bien : Gandalf, Aragorn, Galadriel sont tentés et résistent. Boromir est renversé par la tentation.

Les références bibliques sont nombreuses pour qui sait ouvrir l'oeil. Le lecteur de Tolkien aura aussi pu les retrouver. Elles sont évidentes dans le Silmarillion. Gandalf est un ange. Il est envoyé pour accompagner et aider l'humanité dans sa quête, et Saroumane autre ange, représente la partie des anges qui chute. Les hobbits, ces gens simples, tellement simples que l'anneau les tente moins que les autres, sont de petites tailles. Ce sont les petits qui vont sauver le monde. Je vous laisse méditer cette assertion toute chrétienne. Enfin les nains représentent les juifs : à part, des tribus perdues, vieille race, de relation difficile avec les autres... Tolkien a bien réussi sa métaphore. Il n'avait même pas besoin de les mettre dans la Moria, nous avions compris sans cela  (Moria est la montagne de Jérusalem).

Je réserve d'autres analyses théologiques dans les deux autres opus...

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