12 angry men (Sydney Lumet - 1957)
Si je ne devais garder que 10 films de cinéma, ce film en ferait assurément partie. Pourtant, la plus grande partie du film se passe dans une seule pièce. Il s'agit de la délibération d'un jury. Rien de plus. Il fait horriblement chaud. Le ventilateur est cassé. Le soir même, il y a un très grand match de base-ball. Le procès a montré qu'à l'évidence la plus grossière, l'accusé, un jeune des quartiers défavorisés est coupable de parricide. Il a menacé son père de mort quelques heures auparavant. Le voisin du dessus a entendu le meurtre et l'a vu s'enfuir, et la voisine d'en face l'a carrément vu commis. Inutile de vous dire en ce cas, qu'un petit tour de table est suffisant pour le condamner. Mais arrive l'imprévu : un des douze jurés votent "non coupable". Et la loi les oblige à parvenir à un verdict unanime. Le film, absolument passionnant, montre tout le processus qui va mener à l'acquittement et au fait de rendre un verdict "non coupable".
Passons à la théologie. Ce film est un des meilleurs plaidoyers en ce qui concerne le jugement. Pas uniquement le jugement en terme judiciaire, mais le jugement en règle générale. Le jugement est présenté de façon très défavorable par le Christ. En fait, ce qu'Il explique, et le film en est une magnifique illustration, c'est toute la difficulté de juger. Est-ce que si tout le monde se comportait comme ce juré rebelle, le monde ne serait pas plus conforme aux enseignements du Christ ? Assurément !!! Le film nous présente toute les apparences de la culpabilité et nous montre qu'en creusant, qu'en cherchant avec honnêteté, à plusieurs, on peut parvenir à aller contre les apparences, dans l'établissement de la vérité. Et encore, la vérité est ici à prendre avec des pincettes. Il s'agit simplement de dire que la culpabilité est impossible à déclarer avec les pièces telles qu'elles sont. Cela signifie aussi que beaucoup de choses que croyons bonnes mais que nous ne connaissons pas en profondeur, sont en réalité mauvaises. L'eschatologie enseigne, qu'à la fin des temps, il y aura une telle inversion des valeurs, que l'on appellera bien mal et mal bien. Le Chrétien est celui qui sait prendre la distance avec son époque pour ne pas juger par réflexe. Ne sommes nous pas un peuple de prophètes ?
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