Kiss of the dragon (chris nahon - 2001)
Voici un film d'arts martiaux qui pourrait passer pour particulièrement caricatural : un gentil contre plein de méchants qui va rétablir la justice et sauver une jolie demoiselle. Le caractère grossier du scénario serait ici équilibré par plusieurs scènes d'actions décoiffantes.
Et pourtant, voici un film où l'on n'attend rien de particulier du point de vue théologique, et où l'on trouve pas mal de concepts.
Premier concept : l'archétype féminin est une prostituée, victime d'une prostitution forcée par un serviteur de l'état. Elle est victime d'addictions, et son seul souhait est de préserver sa fille. Voyez cet archétype féminin comme la phase terminale de ce que le monde moderne propose à la femme : un système tyrannique qui vient de l'état, un lien cassé entre générations, pas d'archétype masculin complémentaire, et qui avec maladresse et charme mêlés tente maladroitement de nouer une relation humaine véritable.
Second concept : l'archétype masculin est un guerrier qui va être attaqué avec un cynisme absolu par un système, et contre lequel il devra entamer une lutte à mort pour simplement survivre. A la toute fin, il comprend que toute la force dont il est capable, n'a de sens, n'a que pour seul objet, la rencontre avec le féminin, puisqu'il est évident que la fin du film ouvre sur une histoire d'amour entre les deux personnages.
Et le biblique le dit dès le récit de la Génèse : il n'est pas bon que l'homme soit seul. Un homme est fait pour vivre avec une femme, et vice-versa. La division poussée à son paroxysme confine l'homme dans la guerre et la femme dans la souffrance. Le mariage d'un homme et d'une femme est aujourd'hui devenu un acte anti-système. Ce film a finalement un caractère hautement subversif quand on y pense...
Ensuite pour les amateurs d'arts martiaux, les clins d’œil à Bruce Lee sont le lieu de plusieurs hommages, le plus marquant étant la scène ou Jet Li se bat seul dans un dojo face à de multiples assaillants, remake de la célèbre scène de nunchaku. Le méchant en titre, incarné par un excellent et déjanté Techky Karyo est une belle métaphore du système : il ne recule devant rien et se fiche bien des conséquences. La théologie n'est pas ce qui saute aux yeux au premier abord, et par nature ce film est violent, mais regardez les scènes entre Jet Li et la belle Bridget Fonda, et vous verrez émerger une inattendue résolution archétypale de la recontre du masculin et du féminin dans le monde moderne.
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